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Comment gagner sa vie (un minimum) en attendant que sa start-up décolle ?

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Lancer une start-up, ça veut dire s’appauvrir. 🙂

Oui, dis comme ça, c’est assez étonnant. Mais si vous entreprenez en vous disant que vous allez être le Mark Zuckenberg de demain, vous allez être un peu déçu !

Sortez vos mouchoirs : 80 % des start-up connaissent un destin funeste. Le taux de mortalité vous dit grosso modo “la faucheuse va passer pour vous, préparez déjà votre tombeau.”

Malgré cela, on se lance. Il faut être un peu maso car au delà du fait que le risque d’échec est aussi sûr que la Terre sera là demain, vous :

  • épuisez vos économies
  • oubliez ce que le mot vacances veut dire
  • travaillez comme un âne
  • et surtout, vous ne vous payez pas ! 

Ce sujet, il est à mon sens trop peu abordé, alors je me jette à l’eau.

Questions à 1 million de dollars :

  • les startuppers, comment vivent-ils ce manque d’argent ? 
  • les startuppers, comment font-ils pour joindre les deux bouts ? 

C’est avec plaisir que je vous fais part de mon retour d’expérience ! Attention, il s’agit d’un constat perso qui n’engage que moi. 🙂

Le startupper revoit ses besoins à la baisse

En réalité, quand on entreprend, on est conscient de ce qu’on va perdre. Si jamais vous aviez un bon salaire, vous savez que potentiellement, vous ne retrouverez jamais le niveau de vie que vous aviez.

Oui, je sais, il y a des coachs qui vous diront “tout est une question de mindset, si vous voulez gagner de l’argent, vous gagnerez de l’argent”. Ok, mais je vous le dis de suite, le mindset c’est une chose, la vraie vie d’une startup en est une autre !

En effet, la réussite ne dépend pas que de vous, loin de là !

Vouloir très fort quelque chose, c’est une sorte de voeu pieu. 

Car là où la chose est encore plus cruelle, c’est que même en ayant un business plan carré, un produit/service canon, un marché qui ressemble à un boulevard, vous avez de grandes chances de vous planter.

Lancer une start-up, ce n’est pas une science exact. Vous mettez sur le marché un service/produit nouveau et donc inconnu de tous. En vrai, vous faites un pari sur l’avenir.


Dans l’ordre, vous allez devoir créer un usage (avec les problèmes de dév, financiers et juridiques), le faire connaître auprès des consommateurs et le vendre … dur, dur. 

Et à voir les statistiques effarantes d’échec, on peut se dire que des plus malins que nous sont passés par là, et qu’ils ont fini par périr dans les méandres de la liquidation judiciaire.

Pourquoi ?

Les consommateurs peuvent ne pas être réceptifs, les fonds que vous avez mis fondent comme neige au soleil, les subventions ne viennent pas, le temps que vous aviez prévu pour développer le produit/service a été sous-estimé … sans compter que certains co-fondateurs ne s’entendent plus entre eux (ce qui n’est pas mon cas ouf). Bref, c’est chaud.

Je dirai que monter une startup (ou tout autre boite d’ailleurs mais le risque est plus grand ici), c’est être d’accord avec le fait que la vie ne vous le rendra pas forcément. 

Les voyants ont beau être au vert, vous avez quand même de grandes chances de finir dans la benne à startup. C’est moche mais c’est comme ça.

Une fois que vous avez cela en tête, vous vous jetez à corps perdu dans votre projet, en mangeant des patates s’il le faut ! En y réfléchissant bien, se lancer dans ces conditions est presque suicidaire … mais on est joueur ou on ne l’est pas 😉

Bref, vous rentrez dans un monde parallèle où ce qui vous importait avant (comme vous acheter des fringues ou boire des mojitos ou des spritz) ne devient que le cadet de vos soucis.

Et vu que toute entreprise mérite des sacrifices, vous faites avec. Vos besoins changent. Vous vous contentez du minimum.

Vous allez à l’essentiel : payer le loyer, se nourrir et nourrir vos enfants (si vous en avez of course).

Le reste n’a plus d’importance ;-).

Le startupper au chômage

La question qui est importante, c’est comment gagner sa croûte le temps que votre startup se lance ?

Soit vous êtes rentier car Tata Simone vous a légué son château et ses lingots d’or, soit vous êtes au chômage.

Vraisemblablement, vous êtes plutôt dans le 2 ème cas.

Mes congénères startupper sont dans cette situation de “demandeur d’emploi” après :

  • Un licenciement ;
  • une rupture conventionnelle (très à la mode chez les cadres qui pètent un cable) ;
  • une fin de CDD (mon cas).

Je n’ai pas fait du droit du travail mais grosso-modo, ces cas de figure vous permettent de vivre décemment pendant deux ans (merci Pôle Emploi !). 

Et si vous avez un compagnon/ une compagne qui a les moyens d’assurer pendant que vous galérez, c’est encore mieux. Car vous le savez comme moi, le chômage n’est pas éternel et croyez-moi deux ans, ça passe vite.

Le cas idéal c’est lorsque vous avez votre idée de startup + les compétences techniques + des associés avant de pointer à Pôle Emploi.

Cela signifie que vous êtes déjà dans les starting block avant même d’avoir quitté votre job. Ici c’est génial, vous partez de votre poste le lundi et vous attaquez votre projet le mardi.

En 2 ans, clairement vous allez pouvoir, bonan malan, sortir votre produit ou comme on dit dans le jargon, une “V1”.

Le cas moins idéal, c’est juste l’inverse. Votre idée de startup arrive à échéance de votre chômage ou votre projet connaît environ 3 millions de difficultés (techniques ou financières). 

Sans vouloir vous sapper le moral, à moins que vous soyez un cador, vous serez malgré vous dans cette deuxième catégorie. Car un plan, aussi parfait qu’il puisse être, connaît moultes difficultés auxquelles on n’avait pas pensé.

En terme de retour d’expérience, je peux vous dire que mes associés m’ont trouvée alors que mon chômage était bien avancé ! Et que le projet était loin d’être abouti. 

2 ans, c’est si court! Et surtout lors du lancement d’un projet, on a tendance à sous-estimer le temps réel de réalisation….

La startupper qui improvise à la fin de Pôle Emploi

Bon, rentrons dans le vif du sujet. Il se passe quoi quand votre startup ne vous permet pas encore de gagner votre vie et que vous arrivez à la fin de vos indemnités Pôle Emploi ?

Bye bye le chômage et bonjour l’angoisse !

Etant moi-même passée par là, je vais vous résumer comment j’ai vécu la chose :

  • Panique et crampes d’estomac ;
  • beaucoup de questionnements sur mon devenir ;
  • remise en cause du choix d’entreprendre.

Après avoir ruminé pendant environ un mois sur le sujet, j’ai décidé de me bouger pour établir un plan potable. 


Je ne vous cache pas que si votre moitié peut payer le loyer c’est juste essentiel (je suis transparente, là dessus et j’ai cette chance que beaucoup n’ont pas).

Sinon, si vous devez tout gérer, c’est possible. Mais cela nécessitera que vous passiez plus de temps sur votre gagne-pain, temps que vous ne passerez donc pas sur votre start-up.

Vous avez plusieurs options : trouver un mi-temps (n’importe quoi peut faire l’affaire) ou être freelance.

J’ai choisi cette dernière option qui m’a quand même demandé un peu de boulot. Voici ci-dessous les démarches administratives à suivre, si vous comptez vous lancer :

-inscription URSSAF : essentiel pour avoir un numéro SIRET pour exercer officiellement.

-une question qui m’a stressé : clause libératoire ou pas ?

-mode de déclaration : mensuel/trimestriel

Rien de compliqué mais il faut le faire.

Désormais, la demande d’ACRE est automatique (avant vous deviez remplir un CERFA). Pour ceux qui ne savent pas, l’ACRE (anciennement ACCRE), est une exonération partielle ou totale des charges sociales pendant un an.

Pour en savoir plus, c’est ici : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/accre-acre-aide-creation-reprise-entreprise

Rentrons maintenant dans le vif du sujet : combien je touche ?!

Tout dépend des missions !

Mais, je ne me brade pas !

Bon, voici que je facture en général (cela varie en fonction de la technicité) :

  • 180 euros un article de 800 mots ;
  • 500 euros une séquence mailing ;
  • 1300 euros un livre banc de 20/25 pages.

Les missions que j’effectue ? Vous l’avez deviné non ? De la stratégie éditoriale et du copywriting. En tant que freelance, il faut déterminer ce qui vous plait (me concernant la rédaction web pure et dure pour faire du remplissage, ce n’est pas mon truc ).

Pour trouver des clients ? Le bouche à oreilles et les réseaux sociaux (je suis sur Twitter et un client m’a trouvé comme ça). Sinon, il existe aussi des plateformes de freelance. L’une de mes amies utilise Codeur et elle arrive à y faire son beurre (mais d’autres vous diront que Codeur, c’est nul).

Ce qui est cool, c’est de trouver une thématique qui n’a rien à voir avec ce que vous faites : ça développe la créativité et ça vous fait rencontrer des entrepreneurs qui évoluent dans d’autres sphères ! Perso, j’adore.

Le plus important, c’est de bien se rendre compte :

  • Du temps que cela va vous prendre ;
  • de l’énergie que vous aurez à déployer (oui, vous devez satisfaire un client à 100%).

Jongler entre son activité de freelance (après il faut vous dire que le samedi ou le dimanche sont des jours comme les autres durant lesquels vous pouvez travailler) et sa start-up, c’est sport mais ça se fait. Le danger ? Se laisser déborder. Petit conseil : refusez les missions que vous ne pourrez pas assumer.

En conclusion si vous montez une start-up:

Je ne sais pas pour vous, mais si vous êtes dans mon cas, votre emploi du temps est bien garni !

Si je devais recommencer, voilà ce que je ferais :

  • J’aurais mon plan d’action startup avec mes associés (encore faut-il tomber dessus) avant d’entamer mon chômage (mais bon ça c’est dans l’idéal) ;
  • j’évaluerais de façon pessimiste le temps de création ;
  • je préparerais une source de revenus complémentaires au moins 6 mois avant la fin de mon chômage.

En attendant des jours meilleurs, n’hésitez pas à me donner votre retour d’expérience sur le sujet 🙂

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Qui suis-je ?

Charlotte, 36 ans, co-fondatrice d'une legaltech, juriste connectée et Bordelaise ! Je suis passionnée par l'impact du digital sur les entreprises, l'innovation et le marketing 3.O. J'écris donc sur ces sujets avec une dose de second degré, tout en restant terre à terre ! En espérant que tout cela vous soit utile. 🙂

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