dimanche 5 février 2023

Le journal de Charlotte

Legaltech & Proptech - Content Marketer & Plume Affûtée

De 0 à 12000 membres : retour d’expérience et pourquoi nous allons mettre fin à notre communauté

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Avant d’être freelance content marketer pour les legaltech, j’ai co-fondé moi-même une legaltech qui a rejoint le cimetière des start-up. Oui, cette expérience entrepreneuriale a malheureusement fini en eau de boudin comme diraient les anciens.

Mais, un peu comme les histoires d’amour qui péréclitent, on arrive toujours à en tirer des enseignements, peu constructifs au départ et très bénéfiques par la suite.

Cette aventure a été un formidable terreau pour apprendre sur le tas la gestion de projet, l’expérience utilisateur, la relation-client, le marketing et la stratégie de contenu.

Je dois avouer que si je suis devenue la femme que je suis aujourd’hui (je voulais absolument placer cette expression solennelle !), à savoir une fervente adepte de l’écriture, c’est parce que cette dernière a été l’un des piliers pour construire une communauté Facebook de 12 000 bailleurs immobiliers.

Prêt à découvrir l’histoire ? Alors, allons-y !

Pourquoi avons-nous choisi de créer une communauté ?

Personnellement, j’ai découvert l’aspect communautaire grâce à Livementor dont le groupe m’a accompagnée à mes débuts d’entrepreneure. J’avais apprécié l’esprit d’entraide, les réponses de personnes plus expertes et les rencontres que je pouvais y faire.

En partageant cette expérience avec mes associés de l’époque : on s’est dit BINGO, on y va ! Nos 3 objectifs ?

👩‍🎤Créer une communauté qualifiée avant la sortie du produit afin de prouver notre expertise ;

🎯S’appuyer sur cette communauté pour avoir des retours utilisateurs ;

💵Promouvoir (avec intelligence) notre produit et nos services.

Les éléments indispensables pour créer une communauté.

1/La thématique

Notre SAAS était un éditeur de bail dynamique. En nous donnant certaines informations, on proposait à l’utilisateur d’insérer les bonnes clauses.

Au départ, nous avions hésité à créer un groupe traitant de l’immobilier au sens large mais, il en existait déjà plusieurs qui avaient déjà un succès certain.

Puis, après mûre réflexion, nous nous sommes vite rendus compte qu’il fallait d’une part, viser surtout des investisseurs carrés et investis dans la relation locative et d’autre part, parler de ce que nous maîtrisions.

Notre niche était trouvée : la gestion locative. Et on ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de personnes sur le groupe !

2/La stratégie éditoriale

Tout d’abord, on n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Pour parfaire notre réputation, nous avons mis le paquet sur le contenu.

Heureusement, trouver les sujets n’a pas été difficile pour 3 raisons :

✔︎La réglementation de la loi du 06 juillet 1989 regorge de nombreux articles qui laissent cois les bailleurs les plus volontaires : on a donc effectué un énorme travail de pédagogie ;

✔︎Les membres avaient souvent les mêmes problèmes : dégradations locatives, impayés, calculs de charges. Bref, les questions posées et les commentaires étaient un vivier inépuisable de sujets ;

✔︎La veille nous permettait de mettre en avant les 360 réformes qui pouvaient impacter les bailleurs ou certains sujets d’actualités comme la trêve hivernale, le nouvel IRL, les nouvelles propositions/projets de loi, etc.

Finalement, nos contenus ont tellement plu que, sur demande des membres du groupe, nous en avons fait un livre auto-publié et vendu en 1000 exemplaires.

3/La modération

Mon ancien associé en a vraiment bavé (pour rester poli). Au départ, nous évoluions dans un monde de bisounours : la qualité et le respect des membres étaient bel et bien là.

Nous avons voulu maintenir cette qualité, ce qui exige d’être un berger allemand dès qu’un membre sortait un peu trop de ses gonds.

Malheureusement, quand le groupe grossit, les troubles fêtes apparaissent :

😡Les Jean-Renés agressifs envers tout le monde et qui s’en battent les « c_______ » des règles de droit ;

🤓Les « je sais tout » qui méprisent ceux qui débutent et qui freinent les bailleurs voulant poser des questions ;

🤑Les vendeurs de tapis qui ont accès à une cible qualifiée pour vendre leur soupe.

Une communauté soudée s’entretient au jour le jour, et ça dérape parfois

Au-delà du fait que la création de contenu et la modération sont chronophages, je pense sincèrement qu’une communauté est un levier incroyable.

Néanmoins, l’aspect « gratuit » du groupe a motivé certains membres à pousser le bouchon un peu loin comme notre bon vieux poisson Maurice.

🙁Certains ont cru que nous étions à leur disposition H24. Les interpellations à tout heure en MP étaient pénibles à souhait. Surtout que les questions posées ne concernaient pas l’application. Ils voulaient tout simplement qu’on discute de leur petit problème ou qu’on relise ceci ou cela pour eux.

🤡D’autres nous ont jeté des tomates quand on a voulu promouvoir notre activité ou nos offres annexes. Et cela est encore arrivé à mon ancien associé qui anime un groupe payant et pour lequel il lui arrive de faire de la pub.

Avec un peu de recul, je crois que nous avons été trop gentils. Nous aurions pu mieux gérer tout cela :

✔︎il aurait fallu dégager sans ambages les relous et ne pas prendre le temps de se justifier ;

✔︎il aurait fallu faire de la promo une fois par semaine (surtout qu’on a toujours publié du contenu informatif) ;

✔︎il aurait fallu limiter les accès au groupe. Quand le groupe a dépassé les 10 000 membres, les dérapages n’ont fait que s’amplifier.

Mais, avec des « si », notre boite existerait toujours et notre groupe ferait partie de nos fervents supporters.

Fin de la legaltech, fin de la communauté ?

Lorsque nous avons clos notre aventure, nous avons reçu énormément de messages de soutien de la part de nos clients bien-sûr mais aussi de la communauté.

On a eu droit à des vagues de commentaires gentils. Quentin, mon ancien associé, a été inondé de messages privés. Cela nous a fait chaud au coeur, mais l’amour ne remplit pas les assiettes, hélas.

La communauté a continué sa route

Pour ma part, j’ai totalement lâché le groupe. J’étais tellement au fond du trou que je ne voulais plus vraiment entendre le mot « immobilier ».

Quentin y était encore un peu actif : quelques informations lâchées ici et là, de la modération toujours, des réponses aux commentaires.

Puis, de temps à autre la promo de son offre… Et c’est ça qui nous fait basculer. Une pluie de haine lui est tombée dessus assortie ensuite d’une pluie de soutiens.

Aujourd’hui, on est en stand by mais a priori, Bye, Bye le groupe

Nous avons été très tristes de voir le comportement haineux de certaines personnes qui profitent du travail que nous avons mené durant 2 ans (oui, parce que nous avons laissé à dispo les modules de vulgarisation gratuitement, les quiz, les ressources).

On s’est dit que l’essence même du groupe avait perdu toute son âme. Il est peut-être temps de tourner la page ?

J’avoue que ça me fait mal d’appuyer sur le bouton « off » mais à quoi bon avoir un groupe désormais pour ne pas du tout l’exploiter ?

En attendant de prendre notre décision, nous n’acceptons plus personne et je vous dirai très prochainement ce qu’il en est.

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A propos

Je m'appelle Charlotte PONS

Je suis content marketer Legaltech & Proptech

Mon métier n’est pas d’alimenter ce blog. 

Juriste défroquée, j’ai basculé dans le monde démoniaque du marketing et du content marketing.

En jargon audible ? J’accompagne les legaltech et les proptech dans leur communication.

Mon arme fatale ? La stratégie de contenu. Murmurer à l’oreille de votre client, telle est ma profession !